Journée Internationale de l’Ecrivain Africain…

C’est le 06 Novembre 2017 que mon premier roman a été publié et aujourd’hui 3 ans et 1 jour plus tard j’en suis à mon 4ème, et oui je suis un écrivain africain.

Et je le dis de façon purement prétentieuse.

Je voulais profiter de cette lucarne pour pousser un gros coup de gueule sur l’univers assez fade qu’est la littérature africaine, francophone surtout, une littérature expatriée car c’est en dehors du continent africain que les écrivain.e.s africain.e.s existent.

Les plus grand d’entre eux sont publiés dans les maisons d’éditions extra-africaines et reçoivent des récompenses extra-africaines. Leurs livres sont plus facilement disponibles hors d’Afrique ou dans des librairies non-africaines…

Bref je voulais pousser un coup de gueule mais ce n’est peut-être pas le bon moment car après tout qui suis-je et que sais-je de ce milieu élitiste ? Si ce n’est rien.

Par contre en tant que consommateur de la pensée et pensif, non penseur, je trouve que la culture de la médiocrité, de la non-intelligence est un peu trop devenue l’apanage du continent africain.

Des débats creux sur des thématiques vides entre des personnes rassasiées de corruption c’est ce qu’on nous sert toute l’année et c’est dommage.

L’esprit critique a été cloué à La Croix de Golgotha et nous attendons impatiemment son retour puisque Jésus revient bientôt il aura peut-être comme le Père Noël, vu qu’ils sont célébrés à la même date, dans un petit sac toutes les choses qui manquent à mon continent.

Note pour plus tard : écrire une lettre à Jésus.

L’assassinat sur la place publique, prémédité et extrêmement bien organisé, de l’intellect empêche l’éclosion d’une réelle industrie du savoir en Afrique et boom chaque année fuite des cerveaux…

Mais doucement, que je me disperse…

Je n’ai même pas pris le temps d’honorer mes prédécesseurs écrivains, ceux qui ont ouvert la voie à ce que moi aussi je puisse croire que je suis capable d’écrire et que je suis né pour écrire. Je ne parle pas de Jean Malonga qui est officiellement le premier congolais a publié un ouvrage dans la langue du colon et a donné vie à cette littérature congolaise d’expression française, d’ailleurs inutile d’ajouter d’expression française car le terme congolais suffit à comprendre si l’on connait l’histoire de ce pays dans quel langue pourrait écrire tout écrivain venant de là-bas.

Non, ceux que je veux honorer ce sont les premiers Homos Sapiens Sapiens, ceux qui ce sont affranchis de leur propre condition purement instinctive pour raisonner. Ceux là qui, les premiers, ont pris conscience de leur dessein et de qui ils étaient pour ensuite se dresser au dessus de toutes les autres créatures de cette planète, ils ont inventé Dieu puis la spiritualité, puis la religion, la technologie, l’écriture, ils ont bâti des civilisations, nous léguant un énorme complexe de supériorité car même si pendant plus d’un demi millénaire l’humain d’Afrique a été rabaissé, déshumanisé par l’humain d’Europe et d’Asie Orientale, ce qui fait qu’aujourd’hui il a développé un énorme complexe d’infériorité par rapport aux humains des autres régions du monde, il demeure un Sapien Sapien ce qui fait qu’il ne se sentira jamais inférieur à un Lion malgré la toute puissance brute de cet animal que l’on qualifie abusivement de Roi de la Forêt.

Aussi toutes mes pensées vont à celui ou ceux qui a/ont eu la bonne idée de guider le peuple que l’on appelle Bantoue vers le bassin du Kongo pour le coloniser, oui c’est un peuple de colons, et créer plus tard le Royaume Loango, une civilisation forte de créativité et forte d’espoir nourrissant de grands rêves pour son propre avenir.

Royaume formé par différentes peuple unis par une mission commune : la prospérité.

Je suis un enfant de ce Royaume, un enfant de deux peuples formants ce Royaume, je suis Yombé de ma mère et Vili de mon père.

Moi-même, je suis congolais, un vrai congolais, j’appartiens avant tout au peuple congolais car mon histoire personnelle est congolaise, ma culture, mon phrasé, mes aspirations, tout mon être respire le Congo, J’ai grandi entre Pointe-Noire, Brazzaville, Ouesso et Dolisie, je suis pluriculturelle, un hybride pas assez africain et pas assez européen. Je suis un fruit de la colonisation, déraciné avant même que la graine ne touche le sol, je n’ai pas de problème d’identité, mon identité est complexe et c’est ce qui fait ma force, ma beauté et la puissance de mon écriture.

Mon écriture est l’émanation d’un ressenti qui me dépasse, c’est l’émerveillement du premier humain à voir les étoiles, à toucher de l’eau, à manger une mangue, à marcher, à courir. C’est la tristesse du premier humain à perdre un parent, à se blesser physiquement, à avoir une déception amoureuse, à tomber d’un arbre. C’est la peur du premier humain à croiser un serpent, à chuter d’une falaise etcetera…

C’est tout ce méli-mélo constant et consistant de sensation étrange et étrangère qui font que la première fois que j’ai eu peur, je n’avais pas l’impression que c’était la première fois, je savais exactement quoi faire ou plutôt je faisais ce qu’il fallait sans forcement le comprendre et il en est de même pour la première que j’ai écrit une histoire, je l’ai vécu comme une répétition, comme un déjà fait, un déjà vu, je le faisais sans savoir pourquoi, sans savoir comment mais je le faisais avec douce facilité et je suis devenu accro, pas parce que j’ai aimé le faire mais parce que j’ai compris ce jour-là que je devais le faire.

J’écris parce que d’autres ont écrit avant moi, toute mon originalité réside dans le fait que je suis moi mais pour le reste ce n’est que répétition d’action et pensée millénaire.

Je suis heureux d’avoir, à mon échelle, réussi, en suivant mon crédo qui est « Faisons Le Nous-Mêmes », à créer tout un univers autour de ma passion et ma mission du moins ce que j’estime être ma mission actuellement. C’est tout un chemin parcouru depuis l’obtention de mon baccalauréat en 2014, l’année où mon insouciance a été mise à l’épreuve et où le monde a commencé à m’exiger d’avoir des certitudes. J’ai beaucoup muri depuis cette époque et c’est totalement grâce à l’écriture.

Je l’avoue, je passe plus de temps à écrire qu’à lire, donc je ne connais pas bien la littérature qu’elle soit africaine ou autre mais je fais l’effort conscient d’apprendre chaque jour un peu plus afin de dissiper mon ignorance même si c’est un exercice impossible.

Alors pour en revenir à cette Journée Internationale de l’Ecrivain Africain, je dois dire que peut-être moi aussi pour être beaucoup plus entendu je dois partir en exil intellectuel au pays de l’ancien colon, nouveau partenaire économique afin de diffuser par mes écrits une critique d’un continent où je ne vivrais plus et dont je n’aurais que des souvenirs lointains mais puisque je saurais que rien de nouveau sous les tropiques alors toutes mes paroles seront bues telles du bissap qui soit dit en passant n’est jamais frelaté.

Mais bon peut-être est-ce juste là les mots d’un jeune auteur frustré en mal de reconnaissance qui se souvenant de son passé de rappeur décide de clasher ces collègues plus célèbres afin de surfant sur leurs buzz et recevoir de la lumière sur sa littérature de cours d’école primaire !

En tout cas, j’ai fait mon travail, j’ai écrit, si cela a du sens c’est bien si non c’est bien aussi.

Fin de la thérapie.

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