Mourir comme Tsonga. (6/31)

Mes parents travaillaient dans la pâtisserie de la famille Des Noix, nous étions leur boy. Je n’avais ni frère ni sœur. Deux autres familles y travaillaient, la famille du vieux Lossa (ses deux femmes et ses quatre enfants) et celle de Ya Mado (veuve avec trois enfants). Monsieur Des Noix était marié et avait deux enfants. Ce jour-là, Violette, la fille de monsieur Des Noix, fêtait ses dix-huit ans. Madame Des Noix organisa une très grande fête, tous les Blancs de la ville furent conviés. Les Noirs passèrent la journée à tout préparer. Ma mère fit le gâteau le plus énorme que j’ai eu la chance de voir. Tous les invités le trouvèrent délicieux mais ma mère n’a jamais su quel goût avait ce gâteau ni aucun autre repas qu’elle servait aux Blancs car nous n’avions pas le droit de goûter ce que les Blancs devaient manger. Plus d’une fois j’ai eu envie de les empoisonner mais une autre famille de Blanc nous prendrait et nous maltraiterait. La famille Des Noix était la plus sympathique de la ville – il fallait le reconnaître.

A minuit, la fête avait pris fin. Une heure plus tard la maison était propre et silencieuse, nos maîtres nous permirent d’aller nous coucher. Je finissais de tout ranger puis je me glissais sur ma natte.

  • Hé ! Tsonga, chuchota N’kélé la fille du vieux Lossa, Mademoiselle Des Noix te demande dans sa chambre tout de suite.
  • Bah, moi elle me les brise des noix, murmurais-je.
  • Que dis-tu ?
  • Rien, j’y vais.

 Violette et moi étions de bons amis. C’était grâce à elle que mes parents se retrouvaient là-bas. Avant ils étaient boys à la ferme Duval où les animaux étaient mieux traités que les Noirs. Tous les noirs qui y travaillaient rêvaient de quitter cet endroit. Agée d’environ deux ans, Violette et ses parents y passèrent les vacances car le vieux monsieur Duval était son grand-père. Elle fut mordue par un serpent, aucun médecin ne réussit à fabriquer un sérum pour elle. Pendant qu’elle agonisait ma mère se proposa de la guérir, les Blancs se moquèrent d’elle, madame Des Noix accepta de lui donner sa chance, elle lui tint exactement ce langage « Sauver ma fille et devenez ma bonne ou mourrez avec elle ». La suite est évidente.

Je frappais doucement à sa porte, j’hésitais un moment avant de frapper à nouveau, la porte s’ouvrit devant moi. La lumière de la lune éclairait la chambre, je distinguais parfaitement tous les éléments se trouvant dans cette chambre. J’y étais venu plus d’une fois mais ce soir-là je me sentais étranger dans cette pièce beaucoup plus grande que notre salon. Toute la chambre était rose – sa couleur préférée était le bleu et elle s’appelait Violette, beaucoup trop de couleur à mon goût. Son lit était grand et se trouvait au fond de la pièce, les emballages des cadeaux qu’elle avait reçus encombraient le sol – elle m’avait certainement appelé pour le nettoyage – j’entendais le grincement de la porte qui se refermait derrière moi. J’étais angoissé, que me voulait-elle ? Elle me faisait toujours faire des trucs dangereux – en réalité pas dangereux juste qu’un Noir ne devait pas les faire avec une Blanche. Je ne comptais pas le nombre de fois que son frère et son père m’ont battu à cause de ses coups tordus – j’aimais faire toutes ces bêtises peu importe les retombés. Et je me demandais quelle chose grave me demanderait-elle de faire pour elle cette fois ci, je brûlais d’impatience. 

  • Bonsoir Wilfried, disait-elle d’une voix tremblante.

Wilfried est le nom que les Blancs me donnaient. Je fronçais les sourcils en guise de protestation, je lui interdisais de m’appeler par ce nom qui me faisait perdre ma personnalité. Elle reprit encore plus calmement.

  • Tsonga, je suis ravie de te voir ce soir. Tu m’as beaucoup manqué.
  • Bonsoir Violette, répondais-je d’un air suffisant. Sache que ne pas te voir m’a fait le même effet que maintenant c’est-à-dire aucun.
  • Pourquoi es-tu toujours si dur avec moi Wil… Tsonga ?

Elle prit son visage entre ses mains.

  • Parce que c’est comme ça, et surtout ne pleure pas. Tout d’abord joyeux anniversaire ensuite pourquoi suis-je là ?
  • Merci c’est très gentil, en le disant elle releva la tête et me sourit, se mit à sursauter sur place et continua sa phrase. J’ai maintenant dix-huit ans et mon fiancé, John Brown, qui en a vingt-cinq veut qu’on se marie dès la semaine prochaine.
  • Bon débarras, tu ne m’apportes que des ennuis. Stop, arrête de pleurer, tu vas m’énerver Violette. Je croyais qu’on pouvait rigoler, après tout j’y peux rien moi, tu es Blanche c’est lui ton homme pas moi.
  • Je sais que toi et moi ça n’arrivera jamais, dès demain je me mettrai dans les préparatifs de mon mariage avec cet homme. Je suis vierge Tsonga.
  • Et alors tout le monde le sait ce n’est pas une nouveauté.
  • Je dois donner ma virginité à mon époux qui est censé être l’homme que j’aime. 

Elle me regardait intensément, sortait de la pénombre dans laquelle elle était et je la voyais. Elle avait lâché ses cheveux en arrière, ils étaient longs et noirs, ils retombaient sur ces épaules minces, elle portait une petite robe de chambre en soie blanche avec de la dentelle au niveau de la poitrine, ses tout petits seins se faisaient à peine remarquer.

  • Je veux donner ma virginité à l’homme que j’aime. Tsonga, tu es l’homme que j’aime.

A ces mots, ses tétons devinrent visibles, ils pointaient vers moi comme pour me dissuader de faire autres choses que ce qu’elle désir. Que désirait-elle ?

  • Je pense que… 

Elle se courrait vers moi et plaçait ses doigts sur ma bouche pour me faire taire.

  • Ne dis rien, chaque fois que tu parles c’est pour me faire mal au cœur, ce soir je veux que tu me fasses mal un peu plus bas. 

Ses lèvres s’entrouvrirent, elle souffla sur moi comme pour m’envouter. Alors c’était donc ça la sorcellerie blanche.

  • Je ne l’ai ja… 

Elle enfonça ses doigt dans ma bouche, je reconnu la fraise que mère avait mise dans le gâteau, j’étais le seul noir à connaitre le goût de ce fichu gâteau – encore une loi qu’elle venait de me faire enfreindre. 

  • Tais-toi et baise-moi. 

  Je finis de sucer ses doigts puis je les retirais de ma bouche.

Elle commençait à se caresser, je n’ai jamais vu une personne le faire mais je savais qu’elle s’y prenait mal parce que ça ne me faisait pas l’effet voulu – ou peut-être que ça ne marchait que sur les Blancs.

Ses doigts glissèrent le long de ses côtes, elle se caressait les cuisses pour moi, elle remontait sa robe laissant paraitre sa petite culote en dentelle blanche – Ce jour le blanc devint ma couleur préférée – avec sa main gauche, elle frottait sa petite culote juste devant son minou – ce qui me faisait miauler de plaisir. Elle se frottait le minou à travers le tissu de haut en bas à un rythme régulier, lorsqu’elle remarqua que cela me faisait de l’effet, elle sortit son sein droit avec sa main libre. Il était pâle, mais au contact de ses doigts il prenait vit et durcissait, son téton devint pratiquement sanglant tellement il rougissait et pointait vers moi. Instinctivement, je me dis que je ne pouvais pas rester à ne rien faire, je me levais, prenais son sein dans ma main, il eut l’air encore plus minuscule qu’avant mais je m’en foutais.

  • Prends-le dans ta bouche Tsonga, prends-le.

Je le pris dans ma bouche, il avait un goût exquis, je ne pouvais le comparer avec aucun des aliments que j’avais consommé jusque-là. Je le suçais de la même façon que je suçais mon pouce ou une mangue. Elle introduisait ses doigts dans ma chair, retirait la chemise que je portais, en gardant son sein dans ma bouche, je la soulevais et la mettais dans le lit.

  • Déchire ma culote Tsonga, déchire-la.

Je prenais sa culote dans ma main et avant qu’elle n’eut le temps de souffler, je la dechirais sur elle avec une telle violence que même moi ne me connaissais pas. Je posais ma main sur son minou, il était mouillé, on aurait dit qu’on lui avait versé de l’eau mais le liquide était trop gluant pour être de l’eau.

A ce moment je comprenais que j’allais prendre la virginité de Violette et elle la mienne. Mère m’avait dit d’attendre le mariage, elle serait furieuse contre moi et je n’aime pas désobéir à ma mère. De toute ma vie, c’est la chose sur laquelle elle avait beaucoup insisté. Je me sentais la trahir et j’en avais honte mais cette sensation était moindre comparée au pouvoir que je ressentais, je sentais que j’avais un grand pouvoir sur cette fille blanche, qu’elle était à ma merci, que j’en ferais ce que je voudrais. Nous étions dans la maison des maîtres et il paraissait que les Blancs regardaient leurs enfants dormir, je voulais être surpris en train d’arracher l’innocence de cette petite naïve. Violette ne se rendait pas compte à quel point je détestais sa famille, son frère, toutes les personnes de sa couleur pour les même raisons qu’ils nous traitaient comme des chiens. Mon visage se resserra et je pris les choses en main.

  • Retire cette robe, et appelle-moi maître. Compris ?! Lui ordonnais-je
  • Oui, maître. Chuchotait-elle au creux de mon oreille qu’elle lécha ensuite.

Une petite touffe de poils recouvrait son pubis, j’introduis légèrement un doigt dans son minou. Elle se crispait sous moi, un gémissement s’échappait de sa bouche, je l’enfonçais à moitié et m’arrêtait ce qui l’avait fait un petit repos qui dura moins longtemps qu’elle ne l’espérait et j’enfonçais profondément mon doigt. Son visage se décomposait totalement, il devenait plus rouge que d’ordinaire.

Je la regardais dans les yeux, elle avait l’air paralyser, ne pouvant dire mot, les seuls sons qui sortaient de sa bouche étaient des onomatopées incompréhensibles. Mon doigt allait et venait en elle, par erreur je frôlais une bosse à l’extérieur de son minou, au milieu de la touffe de poils et son regard changeait ainsi que ses gémissements. Je remarquais qu’elle y prenait beaucoup de plaisir alors je m’acharnais sur cette bosse.

  • J’y suis presque, continue. 
  • Que se passe-t-il ? L’interrogeais-je.
  • Je vais jouir, Tsonga, tu vas me faire jouir sur tes doigts anh.

Avant que je ne dise quoi que ce soit, son vagin se resserrait sur mon doigt, elle s’agrippait, ses ongles s’enfonçaient dans ma chair, je me sentais saigner. Le liquide gluant qui se trouvait dans son vagin se déversa sur moi. Mon phallus était devenu aussi dur que de la pierre.

Violette s’abandonnait sous moi, je la sentais perdre connaissance. 

Quelques claques la firent revenir à moi.

  • Maintenant retire ton pantalon, me chuchotait-elle.

Je me retirais du lit, baissais mon pantalon et le balançais quelque part dans la pièce mi- éclairée. Je revenais dans le lit, prenais sa main et la guidais vers mon attribut. Elle chatouillait mon ventre et mes poils qui étaient aussi nombreux que la forêt amazonienne – c’est ce que le vieux Lossa me disait tout le temps. Elle se saisissait de mon phallus et le lâchait aussitôt.

  • Mon Dieu ! qu’est-ce donc ?
  • Mon pénis.
  • Il est énorme.
  • La seule rumeur vraie que les Blancs colportent sur nous c’est celle sur la taille monstrueuse de nos pénis. Avec ça je peux t’empaler.
  • Je l’espère bien, après ça aucun homme Blanc ne me fera de l’effet et tu seras le seul à m’avoir fait sentir femme.
  • Oh mama, donc tu veux manger le requin avant la sardine ? Qu’il en soit ainsi, écarte grand les jambes.

Elle obéissait avec une grande frayeur dans les yeux, je réintroduisait un doigt dans son vagin, puis un deuxième ainsi de suite avec douceur jusqu’à atteindre la largeur que j’estimais être celle de mon phallus, donc trois doigts.

Je coinçais ses mains au-dessus de sa tête pour ne pas qu’elle se débatte. Et je me glissais en elle sans encombre.

Sa bouche s’ouvrait très grand et aucun son ne s’en échappait, une larme coulait sur sa joue. Je m’enfonçais à moitié en elle et elle ouvrait plus grand sa bouche. Je sortais lentement, une expression de soulagement se dessinait sur son visage. Je continuais ainsi jusqu’à ce qu’elle s’y habitue.

 Notre position ne me plaisait plus, tout en étant en elle, je m’allongeais sur le dos et elle était sur moi. Avec cette nouvelle posture je la pénétrais un peu plus profondément. Elle commençait instinctivement à me chevaucher, ses hanches allait et venait sur moi à un rythme lent puis rapide. Je suivais ses mouvements dans une parfaite harmonie. 

Je devenais hors de contrôle, je voulais aller plus vite et elle aussi, alors je relevais la partie supérieure de mon corps et m’asseyais face à elle. Je me rendais compte qu’à aucun moment je n’avais goûté ses lèvres, je sentais le jour se lever et je savais ce qui se passerait alors je voulais profiter de tout. Je prenais ses lèvres entre les miennes, les suçant légèrement, profondément, elle avait l’air de l’avoir déjà fait, son baisé était doux et brutal. Je me levais en la portant sur moi, ses jambes entouraient mes hanches et je décidais de la prendre comme ça. Son vagin s’ouvrait encore un peu plus. J’allais et venais à l’intérieur d’elle, l’intérieur de son vagin devenait un milieu naturel pour moi, je ne voulais pas le quitter. Une sensation parcourait ma colonne vertébrale et se logeait dans mon pénis, l’envie de l’évacuer se faisait pressante, je me mouvais plus vite en elle. Elle me mordait à l’épaule, et je lui suçais le cou. L’étreignant avec une force surhumaine, c’était si fort que j’avais peur de la casser mais je continuais.

  • Plus fort, je vais jouir, j’y suis presque.
  • Tu aimes ça, sale pute de blanche, je vais te le donner.
  • Oui, fais le Tsonga, baise-moi bien. Je ne veux rien oublier.
  • Alors ouvre les yeux et plonge ton regard dans le mien que je vois à quel point tu es faible et vulnérable quand je te baise.

Elle sortait la tête de mon cou, plongeait ses yeux dans les miens, nous étions tous les deux hypnotisés par cette sensation, cette frustration qui voulait s’en aller. Elle se cambrait sur moi, je m’accrochais à elle et je me mouvais encore plus vite. Je n’attendais que cette lueur dans ses yeux, que ce désir qu’elle avait, disparaisse. Dès que la lueur eut disparu, je m’abandonnai en elle et elle faisait pareil. Je m’écroulais sur le lit, elle sur moi, elle m’embrassait et me remerciait. J’étais vidé de toute énergie qui pouvait m’habiter. Nous étions là, tous deux haletants, sa respiration était plus irrégulière que la mienne. Je ne parvenais pas à dire un seul mot.

  • C’était magique, murmura-t-elle à mon oreille.
  • Humm
  • Tu es si beau, je t’aime.

Sa voix devenait lointaine, les premières lueurs du jour apparaissaient mais nous étions trop fatigués pour nous lever, elle s’endormait la première, je résistais juste assez pour l’entendre ronfler.

Les jours suivants, Violette et moi couchions ensemble à nouveau. Nous faisions l’amour tous les jours jusqu’à son mariage, et dans toutes les positions imaginables. Je voyais son minou grossir à vue d’œil, elle devenait de plus en plus à l’aise avec mon phallus et mes coups de reins violents. Ce qui me répugnait le plus c’est que je sentais aussi son amour pour moi grandir, dans sa tête nous vivions des moments de folles passions, elle se donnait à moi dans le but de me rendre absolument dingue de son corps. Elle voulait que je ne pense qu’à elle quand j’avais envie de sexe, que son vagin soit le seul qui me fasse de l’effet. Je ne la détestais pas mais je ne l’aimais pas non plus. Je ne ressentais rien pour elle. Effectivement, comme elle le désirait, son corps m’envoutait. Chaque fois que je la voyais avec ou sans vêtements, mon esprit devenait troublé, je ne pouvais pas réfléchir, toute mon attention était attirée par ce monde fantastique qu’elle m’avait fait découvrir. Ce monde où l’homme Noir est maître tandis que l’homme Blanc est l’esclave. Je voulais la posséder toute entière rien que pour moi seul, ce n’était pas un sentiment possessif que ressentirais un mari pour sa femme mais plutôt un enfant pour son jouer favoris.

La veille de son mariage, je lui donnais ma bénédiction en la baisant dans le jardin de sa mère. La sensation de puissance, de supériorité que j’avais lorsqu’elle était sous moi, lorsqu’elle me disait que mon pénis lui faisait souffrir c’est ce qui retenait mon attention dans cette expérience avec Violette. 

Elle épousa John  Brown, l’américain, mais son corps me resta dévoué. Elle passait chez ses parents un week-end par mois et chaque fois qu’elle en avait l’occasion. Son pauvre mari ne se doutait de rien, il me parlait – comme à tous les Noirs d’ailleurs – avec arrogance et suffisance. Je ne pouvais pas lui dire que c’était grâce à mon pénis que sa femme était heureuse dans ce mariage. Je devais toujours me rabaisser devant eux car j’étais un Noir. Elle me racontait à quel point son mari était nul au lit, qu’il ne lui faisait aucun effet. Savoir cela renforçait mon ego et mon appétit.

Après mon vingtième anniversaire, monsieur Des Noix pour la première fois et la seule de toute ma vie m’appelait dans son bureau. Une pièce beaucoup plus vaste que la chambre de Violette et presque aussi grande que la salle à manger, il y avait des livres tout le long du mur qui était à ma gauche et des trophées ainsi que des photos sur le mur opposé. Derrière moi, il y’avait un bar et au mur était accroché les têtes d’animaux que monsieur Des Noix avait tué à la chasse – la plus part d’entre eux l’ont été par mon père et le vieux Lossa – je m’étonnais de ne pas voir de têtes de Noirs – encore une preuve que nous étions insignifiants. Il était derrière une large table sur laquelle étaient posés plusieurs objets inutiles selon moi, assis confortablement dans son fauteuil en cuir, monsieur Des Noix, une cigarette à la bouche et un verre de whisky à la main, me scrutait. Il me regardait comme si c’était la première fois pourtant j’avais plusieurs fois reçu ses coups de fouet, je faisais un tour sur moi car je me disais qu’il me reconnaîtrait peut-être de dos. Lorsque mon regard revenait sur lui, il me souriait et me demandait de me déshabiller, ce que je faisais sans broncher tellement j’étais fier de ma protubérance. Il frappa son poing sur la table, roula des yeux et applaudit. Je ne comprenais plus rien. Il se leva, se rapprocha de moi et s’étouffa avec son haleine qui puait le whisky et la cigarette sans oublier cette mauvaise odeur naturelle qui le caractérisait, je ne l’avais jamais senti mais tous les Noirs de la pâtisserie en parlaient – surtout Ya Mado qui était son jouet.

  • Jeune homme, me disait-il en me regardant dans les yeux, il attendait que je les baisse avant d’ajouter. Quel est ton nom ?

Cette question était celle à laquelle j’avais du mal à répondre, quel était mon nom ? Qui étais-je ? J’avais vingt ans, j’étais assez grand pour me marier et avoir des enfants mais je n’avais pas d’identité, j’étais personne même au niveau des esclaves je n’avais pas d’importance. Voyant que la question m’étais posée, car la plupart du temps, les Blans ne demandaient pas l’identité des Noirs, ils imposaient comme par exemple mon père qui s’appelait Henri chez mosnieur Duval mais que monsieur Des Noix rebaptisa Philippe parce qu’il avait déjà un cheval nommé Henri, je décidais de devenir quelqu’un de me forger une destinée, de ne pas être comme les autres nègres qui vivaient dans la plus grande misère, qui acceptaient cette condition que Dieu avait prévu ainsi et attendaient sagement la mort en espérant aller au paradis, car d’après le prêtre Blanc – tous les hommes importants étaient Blancs – Dieu nous créa inferieur aux Blancs et si nous acceptions tous de faire pénitence par esclavage, il nous couvrira de bonheur après notre mort en faisant de nous des Blans, il suffisait de croire en Jésus.

  • Je suis Tsonga. Répondis-je sans hésitation en le regardant dans les yeux avec la même intensité que lui et peut-être un peu plus puisqu’il baissa son regard feignant de boire son verre.
  • Eh bien Tsonga, sache que dès ce soir tu changeras de propriétaire, une vieille amie de Paris est venue vivre ici et a besoin d’un boy donc je t’ai vendu à elle. Dis à tes parents que tu es le boy de la propriétaire du Centre Commercial, mademoiselle Zola, Jacqueline Zola. Tu peux t’en aller.

  Mon sang ne faisait qu’un seul tour.

Lorsque je sortais du bureau, je comprenais que tout allait changer. Je ne connaissais pas cette demoiselle mais je me disais qu’elle allait faire de moi un autre homme ou mieux elle libérerait l’homme qui est en moi. J’avais hâte d’aller y vivre. Je n’avais aucun chagrin pour mes parents, mon bonheur était prioritaire d’ailleurs il l’était pour eux aussi. Je leur annonçais la nouvelle sans aucun détour, ils étaient heureux pour moi. Toutes les femmes de l’arrière-cour me donnèrent à manger. 

Lorsque le soleil se coucha, il emporta mon ancienne vie avec ses rayons.

  • Est-il comme il faut pour ce boulot Alfred ? Demandait une dame avec autorité à M. Des Noix.
  • Il est parfait, tu ne seras pas déçue, répondait-il en me regardant et en se frottant les mains.
  • Bonsoir boy, je suis mademoiselle Zola, Jacqueline Zola. Et toi qui es-tu ?
  • Tsonga. Ravi de faire enfin votre connaissance, je serais pour vous un serviteur dévoué mademoiselle – mais qui était ce lèche-botte qui s’était emparé de moi.
  • Eh bien, tu fais fort pour ton premier jour de travail c’est bien. Alfred, merci pour tout, maintenant je vais pouvoir emménager, j’ai tellement de choses à apprêter.

Avant même que l’on me dise quoi que ce soit, j’avais déjà la valise de mademoiselle Zola sur mes épaules et je la rangeais à l’arrière de la calèche rouge dans laquelle elle était venue. Cette femme était très belle, pas autant que Violette, mais pour son âge – âge que je ne connaissais pas – elle était encore fraiche. Je voyais monsieur Des Noix baver devant elle comme MFoumou (mon chien) devant un os. Elle portait un pantalon, des bottes d’homme, une chemise et un énorme chapeau. Le pantalon faisait ressortir son derrière rebondi, ses hanches parfaites et surtout la minceur de son ventre. C’était un très beau spectacle. Elle serra quelques mains, fit la bise à madame Des Noix qui n’avait pas l’air joyeuse, fit signe de monter à l’arrière de la calèche et se dirigea vers le Centre Commercial à l’autre bout de la ville.

Le terrain sur lequel était bâti le Centre Commercial était très vaste, il appartenait à l’ancien chef du village Mfoumou Tchimbamba Tchibouela. Il céda ses terres à Michel Morpion qui fut le premier Blanc à débarquer ici, toutes les autres terres devinrent à lui car il avait l’art de la parole mais surtout il accompagnait toujours ses paroles d’actes, c’était ce que les plus vieux racontaient. Toutes les terres appartenaient désormais à la famille Morpion ainsi que tous les Noirs du village, les autres Blancs vivant ici nous prenaient en location. Dans la Résidence des Morpion, aucun Noir ni travaillait, chez eux les domestiques sont Blancs tellement ils détestent être en contact avec les Noirs, c’est uniquement pour faire du profit qu’ils étaient en Afrique et faisaient commerce des Noirs.

Le Centre Commercial était le marché des Blancs, il regorgeait de toutes les bonnes choses auxquelles les Noirs n’avaient pas droit. Le bâtiment avait un rez-de-chaussée et un niveau supplémentaire où se trouvait les appartements de mademoiselle Zola. J’y fis monter ses affaires, elle eut du mal à choisir sa chambre, il y avait au total quatre chambres, au final elle prit la plus grande chambre qui avait une terrasse avec une vue imprenable sur la forêt, les montagnes et les rivières. 

Elle me demanda d’en choisir une à mon tour, j’eus aussi du mal car ne voulant pas avoir l’air trop ambitieux. Je lui dis qu’il m’était impossible de choisir alors elle prit la chambre qui était à l’autre bout de l’appartement, lui aussi était grand et confortable mais il donnait sur la prison – c’était surement un message, mais lequel ?

Nous redescendions, elle visitait tous les magasins. Il y en avait au total vingt-quatre, avec quatre stands de plus pour indigènes. Les Noirs qui vendaient au Centre Commercial étaient des artisans, un couturier, des pêcheurs et autres qui avaient de la marchandise pouvant intéresser les Blancs. Ces Noirs étaient respectés dans le quartier indigène. 

A ce temps-là, il y avait deux catégories de Noir. Ceux qui étaient au service exclusif d’une famille de Blanc qui les nourrissait et les logeait comme mes parents et ceux qui étaient indépendants mais pas libres – sachant que tous les Noirs de la ville étaient esclaves des Morpion – leur indépendance faisait qu’il ne travaillait pas pour une famille en particulier. Ils offraient leurs services à qui le volait et le salaire assurait leurs besoins. Au quartier indigène, ils louaient les maisons qu’ils habitaient. L’argent de la location retournait aux Morpion.

  Après avoir tout inspecté, ma patronne me fit appelle dans son bureau.

  • Nous avons fait le tour des magasins et de l’appartement, beaucoup trop de chambres à mon goût. Disait-elle avec un air absent. Nous procéderons à un réaménagement des lieux Tsonga. 
  • D’accord mademoiselle. Acquiesçais-je
  • Avant d’arriver ici j’ai appris que mon nom avait une signification dans votre langue, laquelle ?
  • En kikongo, Zola signifie aime.
  • Ils ne m’ont pas menti. Désormais le Centre Commercial s’appelle « Je vous aime tous » dans ta langue. Traduction s’il te plait.
  • Munu zola béno nionso, ou si vous voulez nous pouvons prendre la forme contractée qui donne « Mu’ zol’ bén’nionso. »
  • Oui je préfère ça « Mou sol bain nionsou. »

Je faisais un effort surhumain pour ne pas éclater de rire. 

  • Il est peut-être mieux de l’appeler “Zolana” qui signifie “s’aimer”.
  • Oui, c’est mieux. Bref demain matin je veux que tu me trouves des hommes et femmes capables qui serviront de main d’œuvre pour la réfection.
  • Combien de personne au total mademoiselle ?
  • Je ne sais pas, à toi d’évaluer combien il en faudra pour que le boulot finisse demain soir. Et je les veux à six heures pétantes et les travaux commenceront trente minutes après.
  • D’accord mademoiselle.
  • Maintenant laisse-moi.
  • Merci mademoiselle, bonne nuit à vous mademoiselle.
  • Humm

Les travaux furent exécutés dans le temps imparti et tous les ouvriers que j’avais conviés furent grassement payer. Ils me remercièrent de toutes les façons qu’ils purent, mon nom commençait à retentir dans le quartier indigène. Ils me surnommaient « A pesaka mosala », ce qui voulait dire « le donneur d’emploi. » 

Les mois passèrent et mon travail au Centre Commercial prenait de plus en plus de place. Je ne trouvais plus vraiment d’occasions pour rencontrer Violette alors lorsqu’une se présenta nous sautions dessus sans hésitation. 

Violette et son mari vivaient au campement pas très loin de la ville où nous étions, John y était Commandant. Mademoiselle Zola voulait visiter la région et pendant tout un weekend « Zolana » fermera. Les gens se plaignaient mais elle s’en foutait. Nous prîmes la calèche et foncèrent au campement militaire. 

Le Commandant nous recevait chez lui. 

Pendant que les Blancs dînaient, je préparais mon lit de foin car je dormais avec les chevaux cette nuit-là. Je m’asseyais comme un bébé, le foin était moins confortable que mon lit chez mademoiselle Zola mais ce n’était pas ça qui allait m’empêcher de dormir.

  • Hé ! réveille toi, gros paresseux. Me disait une voix de femme.

Je ne réagissais pas. Des mains douces commencèrent à caresser ma poitrine, j’ouvrais un œil et je distinguais parfaitement la silhouette de Violette. Nous ne nous étions pas vus depuis près de trois mois. Elle était plus belle et passionnée que d’habitude. C’était une bonne chose car je l’étais aussi.

  • Bonsoir Violette, murmurai-je.
  • Je suis vexée, mes caresses ne t’excitent pas ou peut-être que cette femme a pris tes couilles.
  • Quoi ? Qu’est-ce que tu racontes ?
  • J’ai vu comment tu lui léchais les bottes. 

Elle posa un baisé dans mon cou et commença à me lécher l’oreille.  

  • C’est ma patronne, et tu ne devrais pas être jalouse, toi c’est tout ton corps que je lèche.
  • Jusque-là je ne vois pas ta langue faire son boulot. 

  Elle descendit vers ma poitrine, fit tournoyer sa langue sur mon téton et le mordit. La douleur réveillait en moi le désir. Sa main gauche caressait mon entrejambe et l’autre était sur sa poitrine. Je commençais à durcir dans mon pantalon. Elle m’embrassa, ses lèvres étaient chaudes, juteuses, elles avaient le goût du vin, la sensation de ses lèvres contre les miennes était exquise. Elle m’embrassait lentement, à me faire mourir d’envie. Le plaisir se décuplait lorsqu’elle glissa sa main dans mon pantalon et se saisit de mon pénis, elle le massait, au même rythme qu’elle m’embrassait, de haut en bas. J’étais au bord de l’implosion. 

Puis j’entendis retentir le bruit d’un canon, je ne sentais plus mes membres, ni les caresses délicieuses que me prodiguait Violette, j’avais froid pendant un cours instant et je ne voyais plus rien, tout était sombre, je me sentais me vider et je sentais au loin comme une source de chaleur et instinctivement je marchais vers elle ou peut-être que je volais, je ne sais pas mais la chaleur devenait de plus en plus intense. Je ne pouvais plus rien faire, je n’entendais plus Violette, je ne pouvais plus parler, je ne comprenais pas.

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